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Domaine de Beauval bis

Domaine de Beauval

(Nord de Bassens – rue du Tertre)

 Présentation

Ce domaine présente un riche patrimoine bâti (château du XVIIIème siècle avec chapelle, ferme, éolienne Bollée du XIXème siècle, lavoir, cuvier, chai, serre, tourelle et salle souterraine). Ce site est également considéré, à juste titre, comme un haut lieu de l’histoire locale. La municipalité a acquis le domaine en 1991-1992 dans le but d’y installer, à long terme, le pôle culturel de la commune. De grands travaux de restauration ont déjà été réalisés depuis 1995. Le domaine de Beauval représente enfin un vaste parc de plus de 16 hectares avec de nombreuses essences végétales. Ce dernier a beaucoup souffert lors de la tempête de décembre 1999. C’est pourquoi, dans le cadre du projet du «parc des coteaux» (Grand Projet des Villes), le domaine fait l’objet d’un plan de reboisement et de plantation afin de lui redonner sa splendeur d’antan. Une parcelle d’un hectare de vignes a été plantée, en 2002, afin de rappeler la vocation viticole du site. Les premières vendanges ont eu lieu en octobre 2004.

 Historique

Au Moyen-Âge,  une considérable forteresse a été érigée sur ce site non loin de l’emplacement du château actuel. Montferrand était une véritable sentinelle et le siège des seigneurs de Montferrand. Du temps de l’occupation anglaise, les puissants seigneurs de Montferrand n’ont pas hésité à embrasser la cause ennemie. La capitulation de la ville de Bordeaux a été officialisée, en 1453, au château de Montferrand en présence du roi Charles VII. Celui-ci a confisqué sa seigneurie à Bertrand de Montferrand, qui a été contraint de s’exiler, et a ordonné le démantèlement de la forteresse. Par la suite, Louis XI a restitué le domaine à Gaston de Montferrand. En 1591, la Jurade de Bordeaux a acheté la baronnie de Montferrand et le château a été démoli car, d’après la Chronique de Darnal : «à toutes les guerres civiles ce château tenait garnison des ennemis du royaume». Toutefois, après un long procès, François de Montferrand-Cancon est parvenu à récupérer le domaine en 1607. Un descendant, François Armand de Montferrand, a vendu le domaine à Catherine de Raoul veuve de Guillaume de Conilh(y), conseiller du roi et trésorier général des finances, en 1726.

La famille de Conilh(y) a fait construire le château actuellement visible sur le site. En 1857, Marie Aymardine de Castelnau, membre de la famille de Conilh(y), a légué le domaine à Rosalie de Villepreux. Celle-ci l’a vendu en 1860 à Louis Hubert Prom, négociant armateur (Maison Maurel et Prom), qui a fait modifier le château comme en témoigne l’aspect théâtralisant de la façade est (avant-corps dominé par un important couronnement avec des mascarons, une proue de navire et un monogramme aux initiales HP).

Au XXème siècle, de nombreux propriétaires se sont succédés. Le château est même devenu une maison de retraite (Société Civile Immobilière de Beauval). En 1991-1992, la Municipalité de Bassens, soucieuse de sauvegarder ce riche patrimoine, en

L’éolienne Bollée

l'éolienne

Au XIXème siècle, les éoliennes Bollée étaient l’apanage des riches propriétaires recherchant le confort procuré par l’eau courante. Les éoliennes apparaissaient alors comme de véritables signes de réussite.

Ainsi, en 1888, Louis Hubert Prom commanda à Auguste Bollée, «ingénieur hydraulicien» au Mans, une éolienne catégorie 2 afin d’alimenter son domaine en eau.

L’éolienne de Beauval correspond au modèle du brevet d’Auguste Bollée datant du 17 mars 1885. Elle mesure 23 mètres. Elle est construite au-dessus d’un puits de 2,50 mètres de diamètre et 20 mètres de profondeur, dont 4,50 mètres d’eau.

Elle se compose d’une turbine à axe horizontal (3,53 mètres de diamètre). La roue mobile (rotor) comprend 24 aubes incurvées. Elle est doublée d’un roue fixe (stator), de même diamètre, dotée de 34 aubes incurvées dans le sens contraire de celles du rotor. Le courant d’air est concentré sur la turbine grâce à un entonnoir à vent. Une petite roue (papillon) permet d’orienter la turbine.

Cette machine repose sur une colonne en fonte maintenue par 6 haubans en fer et 3 haubans secondaires. La remontée de l’eau du puits s’effectue grâce à l’énergie du vent transformée en énergie mécanique par l’axe vertical qui actionne un engrenage conique au niveau du mécanisme de pompage. Celui-ci se compose d’un vilebrequin actionnant 3 bielles transmettant le mouvement vertical jusqu’aux pompes par l’intermédiaire de 3 tringles en fer guidées par des paliers en bois dans le puits. Un volant d’inertie (1,50 mètre de diamètre) permet d’atténuer les variations du vent. Les pompes sont placées légèrement au-dessus de l’eau et ont la particularité de ne jamais se désamorcer.

Cette machine était vendue pour pomper entre 23 et 28 m3 par vent moyen de 35 km/h et entre 15 et 18 m3 par vent faible de 20 km/h.

Elle a été rénovée entre 1995 et 1997 avec la participation de la Municipalité de Bassens, l’Association Bassenaise pour la Protection de l’Environnement et la Promotion du Patrimoine (A.B.P.E.P.P.), l’Institut de Formation Industrielle Permanente d’Ambarès, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Talence, le Chantier école de Bassens géré par l’A.B.P.E.P.P. et dirigé par un Compagnon du devoir,  et de nombreux bénévoles bassenais.

Le lavoir

Situé au pied de l’éolienne, le lavoir est une petite construction en pierre de taille datant de 1860. Il est éclairé par des fenêtres cintrées. A l’intérieur, le centre est occupé par un grand bassin en pierre. Dans un angle, est placée une chaudière en brique. Il a été entièrement reconstruit d’après des plans de façon à respecter sa configuration. 

La ferme

La ferme, caractéristique de la deuxième moitié du XIXème siècle, fait partie des diverses dépendances du domaine de Beauval. Elle est constituée d’un corps de bâtiment central contre lequel sont accolées deux ailes latérales. Une cour intérieure est située au niveau de la façade sud avec un pigeonnier contre le mur principal. Le corps de bâtiment principal est occupé par des salles de musique (ateliers musicaux, salles de répétition pour des formations de musiciens, studio d’enregistrement). Le service municipal Cadre de vie-Environnement est installé dans l’aile est. La cour intérieure, également restaurée, est destinée à l’organisation d’animations de plein air telles que des représentations théâtrales ou des concerts. 

Le cuvier et le chai

Le cuvier

Ces deux édifices, ainsi que l’éolienne, s’apparentent aux premières constructions de l’ère industrielle (façades en pierre associées à des charpentes métalliques).

Cet ensemble sera rénové car il témoigne de l’ancienne activité viticole sur ce site. Beauval était effectivement la première propriété viticole de la commune (production annuelle autour de 120 tonneaux de vin rouge de côtes à la fin du XIXème siècle. 

La serre

La serre

Au fond du domaine, à proximité de l’ancien verger, la serre est un petit édifice en pierre de taille. Entièrement restaurée, elle constitue un élément paysager important et devrait être fleurie à nouveau.

La salle souterraine

Le souterrain

Une salle souterraine a été découverte au nord du château. Elle fait actuellement l’objet de travaux de mise en valeur par les membres de l’ABPEPP et de l’association Histoire et Patrimoine de Bassens. Elle mesure 2,80 m de haut et 3,26 m de large. Sa fonction première demeure incertaine. Toutefois, au XVIIIème siècle, elle a pu être utilisée pour évacuer les eaux de pluie des toitures du château.